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Quelques hypothèses pour une nouvelle mise en contexte des fresques du Bon Gouvernement d'Ambrogio Lorenzetti

Séminaire organisé par les laboratoires d'Histoire (ANHIMA, CIHAM, HEMOC) de l'Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse.

invitée : Rosa Maria Dessì (Université de Nice, CEPAM)

Vendredi 4 avril 2014 à 11h

Université d’Avignon - Amphi 2E05

Les fresques du Bon Gouvernement (Sienne, Palazzo Pubblico, 1338) sont depuis toujours considérées comme l’une des plus remarquables réalisations de l’art gothique italien, leur créateur, le peintre siennois Ambrogio Lorenzetti, se situant dans la droite ligne d’artistes célèbres tels que Duccio Boninsegna, Giotto ou Simone Martini. Dans le même temps, ces fresques donnent le ton d’une culture politique propre au monde des cités italiennes régies en Communes et ce, aussi bien dans leurs allégories qui opposent le Bon Gouvernement collectif (la Commune, gérée par le Popolo et le Arts, à savoir par des élites plurielles, politiques et souvent marchandes) à la Tyrannie individuelle (derrière laquelle se cacherait le prince-Seigneur, ennemi de la liberté communale), que dans leur présentation croisée de la cité et de son contado (l’univers rural qui entoure la ville), selon que règne la paix ou la guerre.
Si cette lecture historique et historiographique a le mérite de la cohérence ainsi qu’une réelle force d’interprétation, les recherches menées depuis maintenant plus d’une décennie par Rosa Maria Dessì permettent d’approfondir les lectures critiques du Bon Gouvernement, sur fond de liens complexes associant cultures courtoises, présence – même intermittente – de seigneurs dans la Toscane de la première moitié du XIVe siècle, concurrences politiques et de faction dans une cité de Sienne gouvernée, depuis la fin du XIIIe siècle, par le régime dit des Neuf à dominante populaire.
C’est ainsi que nombre de symboles de la vie chevaleresque et des réminiscences de la vie de cour s’affichent dans les fresques peintes par Ambrogio Lorenzetti. Si les valeurs chevaleresques appartiennent aussi au Popolo, y compris à Sienne, la largesse et la courtoisie caractérisent en premier lieu la noblesse princière. Or cette dernière fait bel et bien une apparition à Sienne, fugace il est vrai, dans une période qui précède d’une dizaine d’années la date de 1338. Le contexte politique et socio-culturel qui commence au milieu des années vingt du Trecento est,dès lors, capital pour appréhender les conditions qui ont présidé à la mise en place des fresques. Pendant un laps de temps court, mais très intense, les villes guelfes de Toscane ont ainsi dû s’adapter à la présence d’un seigneur qui les a gouvernées et protégées.

Rosa Maria Dessì, maître de conférence à l'Université de Nice, Sophia-Antipolis et spécialiste de recherches portant sur la communication par la parole et par les images dans les villes de l’Italie médiévale, vient nous livrer ses dernières hypothèses de lecture concernant l’un des chefs d’œuvre de la peinture murale gothique, le Buongoverno d’Ambrogio Lorenzetti (Sienne, 1338).

Séminaire commun des historiens d'Avignon
Vendredi 4 Avril 2014
Avignon
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