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Axe 3 (2016-2020) Construction et communication des savoirs au Moyen Age

Responsables : C. Heusch (ENSL) et L. Moulinier (Lyon 2)

L’axe 3 est organisé thématiquement autour de la question des savoirs au Moyen Age ou, si l’on préfère, de la « culture savante », c’est-à-dire celle qui passe nécessairement par la pratique de l’écrit (lecture et écriture). Ainsi définie, la culture savante a tendance à se confondre avec la culture universitaire et ses principales disciplines (Arts, Droit, Médecine, Théologie). Il est, cependant, des pans de la culture savante médiévale que le souci de rationalité des disciplines universitaires écarte de son champ mais qui font également partie des « savoirs », sous l’angle, tout du moins, des pratiques sociales médiévales et qu’on ne saurait, par conséquent, écarter à notre tour.

En outre, tous ces savoirs se prêtent à la communication sociale sous toutes ses formes (l’écrit mais aussi la parole et l’image) et le rôle des clercs dans cette communication va de pair avec une imbrication étroite de l’expression orale et de l’expression écrite dans la circulation des savoirs (apprentissages, outils de mise en forme, réceptions). L’orientation donnée à ce domaine d’étude est double : d’une part il s’agit de comprendre la manière dont de tels savoirs naissent au sein des institutions ou dans des pratiques discursives concrètes et, d’autre part, par quels moyens ils sont transmis au-delà du cercle fermé de leur espace de production. En d’autres termes, comment sont-ils produits et intégrés dans des pratiques sociales ? Peuvent-ils être transmis tels quels ou doivent-ils subir des transformations ?

L’axe 3 s’appuie sur quatre programmes thématiques spécifiques qui correspondent à quatre grands domaines d’interrogation :

– le savoir médical et les différentes pratiques qui s’y rattachent (pratiques légales, « éditoriales », sociales entre médecins et patients) ;

– la construction du savoir théorique, éminemment universitaire, et son « expansion » sociale, avec, notamment, la question de la « vulgarisation » lato sensu de ce savoir, c’est-à-dire son adaptation pour le rendre accessible par le biais d’autres supports discursifs (comme, par exemple, les formes littéraires), ou son appropriation hors des lieux de son élaboration, comme dans les milieux religieux et dans la société laïque urbaine ;

– la question du rapport du savoir au vrai et au faux, à la vérité et au mensonge : question philosophique fondamentale, la définition de la vérité tend à se complexifier, à partir des XIIe et XIIIe siècles, par rapport aux positions tranchées des sémiologues des époques antérieures qui opposaient sans nuances le réel-vrai à l’irréel-faux. Il s’ensuit, dès lors, un discours nouveau sur le mensonge, sur la fiction, voire sur la falsification, qu’il convient d’étudier en tant que tel ;

– la construction des objets de savoir au Moyen Age : il s’agit d’explorer différentes modalités de transmission des savoirs, comme la « matérialisation » du savoir dans des artefacts ou machines susceptibles de véhiculer une forme de culture visuelle, mais aussi des outils du travail intellectuel, c’est-à-dire comment, concrètement, les contenus de savoirs peuvent être disposés selon une architecture spécifique qui devient vite un instrument à la fois intellectif et formel que l’on retrouve dans un même type de textes à vocation communicationnelle, notamment dans la prédication. C’est aussi la problématique de la gestion et la maîtrise de la mémoire, dont les auteurs médiévaux blâment la fragilité, qui est au cœur de la construction des objets de savoir, dans les stratégies mnémotechniques et aussi dans l’élaboration d’archives. On privilégie pour cette problématique les observatoires que constituent la prédication et la liturgie.

 

1. Médecine et santé

1.1. Droit et médecine

1.2. Les livres et les genres médicaux

1.3. Les relations patients / médecins

 

2. Théorisation et vulgarisation

2.1. Theorica : la construction du discours théorique dans le texte médiéval

2.2 La médecine hors de l’université

2.3. La vulgarisation des savoirs : les « arts » dans les œuvres littéraires

 

3. Vérité, mensonge et fiction

3.1. Conceptions médiévales du mensonge

3.2. Usages de la fiction

 

4. Construction des objets de savoirs

4.1. Machines et savoirs

4.2. La prédication et ses outils

4.3. Savoirs et mémoires