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Derniers dépôts du CIHAM sur HAL SHS

[halshs-01614006] DENOIX, Sylvie, et EDDÉ, Anne-Marie (éd.), Gouverner en Islam. Xe-XVe siècle. Textes et documents, Paris, Publications de la Sorbonne, Collection « Bibliothèque historique des pays d’Islam », n° 7 ; Collection « Textes et documents d...

ven, 13/10/2017 - 15:59
La mise à l’honneur de l’Islam médiéval par la question d’histoire médiévale du CAPES d’histoire-géographie et de l’agrégation d’histoire a entraîné la publication, en 2014, de divers manuels. Sylvie Denoix et Anne-Marie Eddé ont choisi dans une autre voie : cet ouvrage est effet d’un recueil de 84 documents relatifs au gouvernement en terre d’Islam, présentés et contextualisés par plus de vingt spécialistes de l’Islam médiéval. La plupart de ces documents sont des textes traduits en français, souvent pour la première fois. C’est donc bien davantage d’un outil de travail, destiné aussi bien aux étudiants qui préparent les concours qu’à leurs enseignants. Ce recueil s’attache à balayer la vaste aire géographique définie par la question au concours, depuis al-Andalus jusqu’au Yémen en passant par la Sicile, l’Égypte, l’Iraq. Ainsi, les documents présentés illustrent pleinement la variété des modèles de gouvernement développés par les États régionaux qui se développèrent à partir du ive/xe siècle, marqué par l’éclatement de l’Umma en trois califats rivaux (Bagdad, Le Caire, Cordoue), et qui présentaient une très grande diversité, à tous points de vue. D’ailleurs, une introduction globale (p. 7-22), prend soin de fournir une synthèse chronologique et thématique.

[halshs-00608756] L'abbesse et les poissons : un aspect de la zoologie de Hildegarde de Bingen

ven, 29/09/2017 - 15:19
Parmi les animaux décrits par Hildegarde de Bingen (XIIe siècle) dans sa Physica, les poissons sont incontestablement ceux qu'elle le mieux connus, et le livre qu'elle leur consacre serait même, d'après certains commentateurs, l'apport le plus original, en ce domaine, de toute la zoologie du Moyen Age. On lui doit en effet un des plus anciens témoignages sur la faune aquatique du Rheingau, vue en fonction de son utilité pour l'homme, mais aussi dans une perspective proprement "naturaliste".

[halshs-01585122] The Horse in Arabia and the Arabian Horse: Origins, Myths and Realities

mar, 12/09/2017 - 03:07
Publishing an issue devoted to the horse in Arabia and in Arabian culture stems from the discovery of equid statues on the Neolithic site of al‑Maqar (Saudi Arabia) in 2010. This discovery was prematurely presented as the earliest testimony of horse breeding and horse riding. It was dated to 7,300–6,700 BC —i.e. 3,500 years before the first evidence of horse domestication known so far. It has stirred up controversy about the ongoing issue of horse domestication, against a background of ideological debate. It has also been an indication to the critical place given to horsemanship and horse breeding in the Arabian Peninsula. Gathering contributions on the topic of the horse in Arabia and the place of the Arabian horse in the medieval Islamic world allows us to draw an overview of the current knowledge about the issue of the introduction of the horse to Arabia (see Robin and Antonini), of the origin of the Arabian breed (see Olsen), of the significance and contribution of Arabian rock art (see Robin and Antonini, Olsen), of the role of the horse in Rasulid diplomacy (see Mahoney) and in Mamlūk culture (see Berriah, Carayon), of the emergence of the myth of the Arabian horse in the 19th‑century Arabian Peninsula (see Pouillon), and on the specific issue of horse armour from the late pre‑Islamic period to the Ottoman empire (see Nicolle). This introduction is an opportunity to present the setting of these contributions from specific viewpoints: • The al‑Maqar case: an ideological historical reconstitution • The domestication of the horse: the state of the art • The introduction of the horse in Arabia: the state of the art • The horse in the Islamic period • The myth of the Arabian horse

[medihal-01581438] L'Immaculée Conception de la Vierge. Histoire et représentations figurées du Moyen Âge à la Contre-Réforme.

ven, 08/09/2017 - 03:09
L’immaculée Conception de la Vierge a fait l’objet d’études restées jusqu’à présent cloisonnées : les historiens des textes se sont attachés à expliquer l’évolution de la croyance et de ses modalités, à en retracer le débat et ses acteurs ; les historiens d’art ont essayé de définir les images qui représenteraient la conception immaculée de Marie au Moyen Âge ; les érudits locaux, à la faveur d’une implantation géographique importante de la fête comme c'est le cas en Normandie, ont étudié certaines œuvres d’art ou confréries dédiées à la conception de la Vierge ; enfin, les spécialistes de liturgie ont analysé les nouveaux hymnes mis en place par Sixte IV à la fin du XVe siècle. Le colloque propose d’amorcer le dialogue entre l’histoire, la théologie, l’iconographie, la liturgie, la musique, afin de mesurer l’ampleur de la croyance dans l’Immaculée Conception et son importance dans la société médiévale et moderne. Il est l’occasion de faire un point historiographique conséquent, en faisant participer des spécialistes d’aires géographiques et chronologiques différentes. Il soulève une question centrale : comment la société médiévale (théologiens, commanditaires d’art, artistes, et fidèles) se représente-t-elle une croyance, celle de l’Immaculée Conception, alors même qu’elle ne fait plus l’unanimité au sein de l’Eglise ?

[medihal-01580348] L'Immaculée Conception de la Vierge. Histoire et représentations figurées du Moyen Âge à la Contre-Réforme.

mer, 06/09/2017 - 03:07
L’immaculée Conception de la Vierge a fait l’objet d’études restées jusqu’à présent cloisonnées : les historiens des textes se sont attachés à expliquer l’évolution de la croyance et de ses modalités, à en retracer le débat et ses acteurs ; les historiens d’art ont essayé de définir les images qui représenteraient la conception immaculée de Marie au Moyen Âge ; les érudits locaux, à la faveur d’une implantation géographique importante de la fête comme c'est le cas en Normandie, ont étudié certaines œuvres d’art ou confréries dédiées à la conception de la Vierge ; enfin, les spécialistes de liturgie ont analysé les nouveaux hymnes mis en place par Sixte IV à la fin du XVe siècle. Le colloque propose d’amorcer le dialogue entre l’histoire, la théologie, l’iconographie, la liturgie, la musique, afin de mesurer l’ampleur de la croyance dans l’Immaculée Conception et son importance dans la société médiévale et moderne. Il est l’occasion de faire un point historiographique conséquent, en faisant participer des spécialistes d’aires géographiques et chronologiques différentes. Il soulève une question centrale : comment la société médiévale (théologiens, commanditaires d’art, artistes, et fidèles) se représente-t-elle une croyance, celle de l’Immaculée Conception, alors même qu’elle ne fait plus l’unanimité au sein de l’Eglise ?

[halshs-01453050] Preparing the Almohad caliphate: the Almoravids

mer, 06/09/2017 - 03:07
Historical comparison is a delicate practice that requires a certain methodological rigor. This is particularly true for historians who intend to compare and contrast two successive political systems in the same geographical area. By playing with the chronological and geographical scales and shifting the historical viewpoint, distinctive features and key elements can emerge from such a comparison. Therefore, across the Mediterranean Basin during the premodern history of Islam, the people whom Jean-Claude Garcin called the “nouveaux peuples de l’Islam” came into power in the eleventh through thirteenth centuries.

[hal-01570916] L'entremetteuse des fabliaux, un singulier personnage

mer, 09/08/2017 - 03:07
Petits contes à rire en vers du Moyen Âge, les fabliaux ne connaissent au sens strict que deux personnages destinés à servir les relations galantes d’autrui contre une rétribution, Auberée du fabliau portant son nom et Hersent du "Prestre teint". Auberée est abordée par un jeune homme amoureux d’une demoiselle mariée tout récemment à un bourgeois. Auberée met au point un stratagème afin de faire chasser la dame du domicile de son époux, ce qui lui permet de l’héberger chez elle où elle passe deux nuits avec son ami, puis elle réconcilie la bourgeoise avec son mari. Dans le "Prestre teint", un homme d’Église s’éprend de la femme de son voisin. Comme elle reste insensible à ses avances, il fait appel aux services d’Hersent et l’envoie présenter sa requête. Courroucée, la dame chasse l’entremetteuse puis elle révèle toute l’histoire à son époux qui attire le prêtre chez lui et le surprend au moment où il croyait prendre son plaisir. Le prêtre bondit dans une cuve de teinture et s’enfuit nu sous les huées quand on menace de l’émasculer. Per Nykrog fut le premier à remarquer que le personnage de l’entremetteuse était rare dans les fabliaux et l’on peut s’en étonner. Comme le prouve le résumé rapide de ces deux récits, les trouvères connaissaient parfaitement les ressources dramatiques et comiques de ces intermédiaires aptes à endosser des rôles différents et à manier habilement le verbe. Pourquoi les avoir mis en scène de manière si exceptionnelle ? De toute évidence, il ne peut s’agir d’une question de morale puisque ces récits se révèlent si lestes par ailleurs. Il importera donc d’analyser les personnages d’Auberée et d’Hersent afin de déterminer leurs spécificités typologiques ou individuelles et leur fonction narrative, ce qui nous permettra d’éclairer les motifs ayant conduit les jongleurs à user des personnages d’entremetteuses avec une telle parcimonie.

[hal-01571001] De la lettre au roman. Lecture, écriture et réécriture dans "Claris et Laris

mer, 09/08/2017 - 03:07
Claris et Laris" est un vaste roman en octosyllabes de la fin du XIIIe siècle. Il conte l’histoire de deux chevaliers de la cour de Gascogne, unis par une amitié parfaite, devenant, grâce à leur prouesse et leurs vertus, de fidèles compagnons du roi Arthur, des souverains respectés et des époux comblés. À l’intérieur de ce long roman, les “lettres” occupent une place particulière. Le terme, aussi polysémique en ancien français qu’en français moderne, désigne d’abord des signes graphiques dont l’agencement construit un texte de longueur variable et, plus spécialement, un écrit adressé à quelqu’un, nommé “lettre” par métonymie. Sur un plan abstrait, le même substantif, employé au pluriel, renvoie à la connaissance que procure l’étude des livres, acception que l’on retrouve de nos jours dans l’expression “un homme de lettres”. Comme le suggèrent ces définitions, les lettres sont étroitement liées aux différentes formes de l’écrit, du message bref à l’œuvre narrative. L’étude de ce motif se révèle particulièrement intéressante dans "Claris et Laris" où il s’inscrit au cœur d’une réflexion sur la genèse et la fonction de l’œuvre littéraire puisqu’il reflète les activités de lecture - déchiffrage de l’écrit-, d’écriture - composition d’un texte - et de réécriture - jeux d’intertextualité avec la littérature antérieure. Pour le montrer, nous commencerons par analyser les différents types de “lettres” évoquées au cours du récit afin d’en dresser une sorte de typologie. Dans un second temps, les inscriptions graphiques nous permettront d’aborder les liens entre "Claris et Laris" et les récits arthuriens afin d’analyser les procédés de réécriture utilisés par l’auteur. Nous verrons enfin comment le motif des lettres s’associe à une mise en abîme de l’activité créatrice et une interrogation sur la finalité du roman.

[hal-01570935] Remarques sur le manuscrit T (B.N. fonds fr. 12576) et le manuscrit V (B.N. nv. acquisitions fr. 6 614) de la "Continuation" de Gerbert de Montreuil

mar, 08/08/2017 - 03:07
Gerbert de Montreuil est l’auteur d’une continuation du "Conte du Graal" qui n’a pas toujours eu l’heur de plaire à la critique. Il est vrai que le récit s’ouvre et se referme au bout de dix-sept mille vers sur une même image, celle de Perceval posant en vain des questions à propos du Graal et de la lance dans le château du roi pécheur. Le héros est ainsi ramené après de nombreuses péripéties dans sa situation initiale. D’autre part, cette continuation à l’esprit évangélique marqué parachève la christianisation du Graal et on lui a parfois reproché ses aspects moralisateurs ou didactiques. Or, lorsque je me suis penchée d’un peu plus près sur les deux manuscrits qui conservent ce texte, je me suis aperçue qu’ils présentaient certaines différences qui excédaient la question des variantes orthographiques, grammaticales ou lexicales, pour engager la conception de l’univers romanesque et la signification du roman.

[hal-01570988] Le dragon dans la littérature et les arts médiévaux,

mar, 08/08/2017 - 03:07
Si l’on s’appuie sur les représentations contemporaines du dragon, on pourrait, à juste titre, se demander pourquoi j’ai choisi de m’intéresser à cet animal. Après tout, l’analyse de ce monstre fantastique semble réserver peu de surprise. Ses représentations figurées, que vous connaissez bien par les jeux vidéos, les romans de medieval fiction ou le cinéma dit fantastique, paraissent extrêmement codifiées : un animal de grande taille, généralement vert, rouge ou noir, dotées d’ailes semblables à celles des chauves-souris ou des ptérodactyles, de quatre pattes terminées par des griffes, d’une queue de saurien ou de reptile, et d’une gueule crachant le feu. Sur le plan dramatique ou symbolique, le dragon est majoritairement un monstre hideux et maléfique, dont la seule raison d’être semble de permettre aux qualités extraordinaires du héros ou de l’élu(e) de se manifester en lui. Il est destiné à être mis à mort, réduit à néant. Si ce monstre abominable et malfaisant continue d’inspirer le cinéma et la littérature, il côtoie également un gentil dragon apte à enchanter les cœurs des enfants, dont il peut devenir le meilleur ami. Il passe alors de la couleur rouge ou noire, au rose ou au blanc, de la peau glacée du reptile à la fourrure douce et fournie d’un bon gros toutou. Cette image moderne du dragon masque en grande partie la complexité et donc l’intérêt présenté par cet animal fantastique. Les siècles ont gommé et simplifié sa dualité et la diversité des symboles qui lui étaient attachés. En effet, au Moyen Âge, le dragon est l’un des monstres porteurs de la charge symbolique la plus complexe de l’histoire des cultures, comme l’a très bien remarqué Jacques Le Goff. Le dragon est, en effet, l’un des animaux fantastiques qui a suscité la fascination la plus durable. De tous les monstres créés par l’imagination humaine, il est à la fois le plus gigantesque, le plus terrifiant, et le plus attirant. Créature chtonienne, associée aux profondeurs de la terre, il maîtrise le feu qu’il crache, l’air où il prend son vol, et les étendues aquatiques qui lui servent de refuge. Il est ainsi lié aux forces de la nature, la terre, l’air, le feu et l’eau, qui lui confèrent sa puissance hors du commun. Mais le dragon est aussi intimement uni au chaos originel, au vide primitif, au temps des commencements. C’est pourquoi il est si présent dans la littérature et les arts, toute époque et lieu confondus, de l’Antiquité à nos jours, en Occident comme en Orient.

[hal-01570870] La parole du fou dans le Jeu de la Feuillée

mar, 08/08/2017 - 03:07
Parler du fou dans le Jeu de la Feuillée peut sembler une gageure : cette pièce de théâtre composée par le poète Adam de la Halle et représentée à Arras en 1276 a déjà suscité bien des travaux critiques et le personnage du fou lui-même, le dervé, a retenu l’attention de médiévistes aussi émérites que Jean Dufournet, Roger Dragonetti ou Charles Mauron, pour ne citer qu’eux. Dans ces conditions, on pourrait se demander s’il est encore possible d’écrire du nouveau sur ce sujet si ce n’est par le biais de la parole, du discours du fou analysé en lui-même. Les personnages pris de folie ne sont pas rares, en effet, dans la littérature médiévale : Roland, Tristan, Yvain ont subi ces crises de démence passagère, mais il s’agissait d’une folie qui les privait de langage. L’originalité d’Adam de la Halle réside dans le fait qu’il a le premier donné la parole à un forcené figurant parmi les personnages à part entière de sa pièce. Or, si les propos du dervé constituent un facteur intrinsèque de désordre et de chaos, ils finissent paradoxalement par proposer un ordre d’une autre nature car ils délivrent une image distanciée, à la fois tragique et comique, de la société humaine.

[hal-01570904] Des oiseaux et des femmes. Quelques remarques sur la grue du fabliau de "Celle qui fu foutue et desfoutue"

mar, 08/08/2017 - 03:07
Celle qui fu foutue et desfoutue par une grue" est un court fabliau de 160 octosyllabes composé dans le premier tiers du XIIIe siècle par un auteur que le prologue nomme Garin. Une demoiselle d’une grande beauté, fille d’un châtelain, est enfermée par son père dans une tour sous la garde d’une nourrice. Un jour, sa duègne la laisse seule, un instant, pour aller chercher une assiette. Passe un jeune homme tenant une grue dans la main droite. La demoiselle s’extasie devant la beauté de l’oiseau et désire l’acheter. Le nouveau venu y consent volontiers à condition qu’elle lui donne un foutre. La demoiselle, ignorant le sens de ce terme, déclare qu’elle n’en possède pas, mais elle invite le "vaslet" à monter la rejoindre et à fouiller la chambre de fond en comble au cas où il pourrait le trouver. Il parvient à ses fins après avoir cherché sous la pelisse de la jeune fille, lui cède sa grue et quitte les lieux. En rentrant, la nourrice découvre l’oiseau et apprend de la bouche même de sa protégée la manière dont elle l’a acquis. Son désespoir cède vite place à la décision pragmatique d’apprêter l’oiseau pour le dîner. Comme il lui manque un couteau, elle quitte à nouveau les lieux. La demoiselle reprend son poste d’observation à la fenêtre, voit passer le jeune homme, lui fait part du mécontentement de la vieille et lui demande de lui rendre le foutre qu’il lui a pris. Il s’exécute aussitôt, avant de partir, définitivement cette fois, en remportant la grue. Lorsque la duègne revient pour l’embrocher, l’oiseau a disparu et la jeune fille est tout heureuse de lui apprendre que la situation est arrangée puisque "le vaslet l’a desfoutue". Il existe une version anglo-normande de ce fabliau dans un conte présentant un schéma narratif similaire mais remplaçant la « grue » par un « héron ». On ignore s’il s’agit d’une variante du même fabliau ou d’une autre forme d’un même récit archétypal, et ce n’est pas cette question qui nous occupera ici. En revanche, on peut se demander si la grue de notre conte peut être remplacée par un héron, autre oiseau échassier, sans conséquence majeure pour l’économie et la signification du fabliau. Faut-il croire, comme le soutient Nico Von Boogaard, que « la différence entre grue et heron du récit est à négliger » ? Ne peut-on affirmer au contraire que le choix de la grue est éminemment plus fructueux sur le plan sémantique, littéraire et symbolique, que le choix d’un héron ?

[hal-01570899] Séduire, surprendre ou tromper...Les titres des fabliaux

mar, 08/08/2017 - 03:07
Pour les théoriciens de la littérature moderne, le titre est le seuil de l'œuvre : il donne une indication immédiate sur son contenu, même s'il repose sur une énigme ou une métaphore, comme "Le Nom de la Rose" ou "Le Rouge et le Noir". Il en va autrement lorsque l'on s'attache aux titres des fabliaux, petits "contes à rire du Moyen Age". Plutôt que de rassurer le destinataire en lui offrant les éléments qui lui permettent d'accéder aisément à la teneur du récit, le trouvère du fabliau instaure un jeu avec son auditoire, dès la frontière de son conte : il aime duper le public le plus naïf, surprendre les plus indifférents, séduire les plus blasés. Il faut reconnaître, dans un premier temps, que certaines mystifications ne sont pas le fait de l'auteur et que les titres des fabliaux déroutent aussi le lecteur contemporain en raison de la manière dont ils nous ont été transmis. Le trouvère use cependant de différents procédés afin que la ruse, thème prédominant dans les fabliaux, triomphe dans l'intitulé lui-même. Nous verrons enfin comment les jeux avec le langage ajoutent un charme particulier à ces titres et reflètent la morale du plaisir et de la libération des instincts qui domine l'ensemble des contes.

[hal-01570916] L'entremetteuse des fabliaux, un singulier personnage

mar, 08/08/2017 - 03:07
Petits contes à rire en vers du Moyen Âge, les fabliaux ne connaissent au sens strict que deux personnages destinés à servir les relations galantes d’autrui contre une rétribution, Auberée du fabliau portant son nom et Hersent du "Prestre teint". Auberée est abordée par un jeune homme amoureux d’une demoiselle mariée tout récemment à un bourgeois. Auberée met au point un stratagème afin de faire chasser la dame du domicile de son époux, ce qui lui permet de l’héberger chez elle où elle passe deux nuits avec son ami, puis elle réconcilie la bourgeoise avec son mari. Dans le "Prestre teint", un homme d’Église s’éprend de la femme de son voisin. Comme elle reste insensible à ses avances, il fait appel aux services d’Hersent et l’envoie présenter sa requête. Courroucée, la dame chasse l’entremetteuse puis elle révèle toute l’histoire à son époux qui attire le prêtre chez lui et le surprend au moment où il croyait prendre son plaisir. Le prêtre bondit dans une cuve de teinture et s’enfuit nu sous les huées quand on menace de l’émasculer. Per Nykrog fut le premier à remarquer que le personnage de l’entremetteuse était rare dans les fabliaux et l’on peut s’en étonner. Comme le prouve le résumé rapide de ces deux récits, les trouvères connaissaient parfaitement les ressources dramatiques et comiques de ces intermédiaires aptes à endosser des rôles différents et à manier habilement le verbe. Pourquoi les avoir mis en scène de manière si exceptionnelle ? De toute évidence, il ne peut s’agir d’une question de morale puisque ces récits se révèlent si lestes par ailleurs. Il importera donc d’analyser les personnages d’Auberée et d’Hersent afin de déterminer leurs spécificités typologiques ou individuelles et leur fonction narrative, ce qui nous permettra d’éclairer les motifs ayant conduit les jongleurs à user des personnages d’entremetteuses avec une telle parcimonie.

[hal-01570893] Réminiscences de Chrétien de Troyes dans le "Chevalier à l'épée

ven, 04/08/2017 - 03:07
Le "Chevalier à l'épée" est un roman bref de 1206 vers, retraçant une aventure du célèbre neveu d'Arthur, Gauvain. Ayant quitté la cour, le héros s'est perdu dans la forêt, où il rencontre un chevalier, qui lui promet de l'aider à retrouver son chemin, à condition de lui tenir compagnie pour la nuit : Gauvain y consent bien volontiers. Au matin, la promesse de la veille est oubliée. L'inconnu invite Gauvain dans son château, et part préparer sa demeure pour recevoir son hôte. Malgré le funeste avertissement prodigué par des bergers, qui affirment que le chevalier met à mort toute personne osant le contredire, le neveu d'Arthur se rend jusqu'à la demeure du seigneur, rencontre sa fille, d'une beauté ineffable, puis il est contraint de dormir avec elle, alors qu'une épée tranchante, surgie de nulle part, protège la chasteté de la demoiselle. À deux reprises, Gauvain est blessé par cette arme magique, mais il n'est pas tué : au matin, l'hôte reconnaît en lui le meilleur chevalier du monde, et lui accorde la main de sa fille. Quelque temps après le mariage, Gauvain décide de revenir à la cour en compagnie de son épouse, qui emmène avec elle ses deux lévriers. Dans la forêt surgit un chevalier redoutable, qui, sans mot dire, s'empare de la demoiselle. Gauvain, légèrement armé, se dit prêt à combattre, pourvu que ce soit d'égal à égal. Le chevalier lui propose plutôt de laisser la belle choisir celui qu'elle préfère, et elle part, de son plein gré, à la suite de son ravisseur. Mais elle demande que ses lévriers lui soient rendus. Les chiens, plus fidèles que les femmes, nous dit l'auteur, restent avec Gauvain, qui s'était occupé d'eux au château. Comme la belle incite l'inconnu à s'emparer des lévriers par la force, Gauvain tue son agresseur, et rentre à la cour, après avoir refusé de pardonner à son épouse. Ce résumé sommaire met en lumière la bipartition du récit, fondé sur deux épisodes différents : l'hôte impérieux, qui contraint le héros à dormir dans un lit enchanté, et la demoiselle aux lévriers, dont on trouve une variante dans la Vengeance Raguidel. En fait, l'hypotexte du "Chevalier à l'épée" est constitué par les romans de Chrétien de Troyes, explicitement mentionné dès le vers 18 du prologue. Les points communs avec les œuvres de ce romancier sont nombreux : l'auteur du "Chevalier à l'épée" s'inspire tantôt de vers précis, tantôt de motifs et de situations déjà exploités par son prédécesseur. Il joue sans cesse sur des décalages qui tournent en ridicule Gauvain, comparé implicitement à Erec, Yvain, Lancelot et Perceval. Cette dévalorisation ironique porte sur les qualités chevaleresques du héros, mais elle s'attaque aussi à sa réputation de séducteur. Il s'agira donc d'analyser la manière dont le conteur a utilisé les romans de Chrétien de Troyes, pour susciter le rire et prendre de la distance par rapport à l'image traditionnelle du héros courtois.

[hal-01566893] Judicial Inquiry as an Instrument of Centralized Government : The Papacy’s Criminal Proceedings against Prelates in the Age of Theocracy (mid-12th to mid-14th century)

jeu, 27/07/2017 - 03:11
From the end of the twelfth century until the Great Schism, the papacy prosecuted hundreds of prelates who were charged with ‘crimes’ (crimina), ‘excesses’ (excessus), or ‘enormities’ (enormia, enormitates), these words being used interchangeably in the documents. These proceedings were often called inquisitionis negocia. Most of them were initiated at the papal Curia and sentences were usually reserved to the pope or to a cardinal appointed by the pope. This article is based on the study of 570 cases between 1198 and 1342. It presents a general introductory survey of this judicial practice, which has never been studied before and seems curious, because, although serious and shameful charges were involved, ultimately many processes had minimal consequences for the accused. After a discussion of the sources which were used to establish the list of cases, a typology of the accusations is proposed. Finally, after a brief description of the procedures’ general characteristics, the various results of the processes are discussed.

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